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Guide·10 min de lecture · mis à jour le 3 oct. 2026
Lire un contrat de mannequin en dix minutes.
Deux contrats rythment une carrière : le contrat d’agence, signé une fois, et le contrat — ou le mail — de booking, signé à chaque job. Ci-dessous, un contrat de booking réel dans sa structure, annoté clause par clause : ce qui est clair, ce qu’il faut préciser, ce qu’il faut faire modifier.
Un contrat de mannequin tient en cinq points : le cachet, le buyout, la cession de droits à l’image (support, territoire, durée), l’exclusivité et les frais, plus le délai de paiement. Les formules à faire préciser avant de signer sont les formules ouvertes : « tous supports », « perpétuel », « selon l’usage », une exclusivité sans liste. Demande par écrit ; la réponse claire devient la clause.
Écrit par l’équipe Odette · relu par Arthur Feingold, Swapp Studio. À propos d’Odette
La Société engage le Mannequin pour une prestation photographique le jeudi 3 septembre 2026, à Paris, de 8 h 30 à 18 h, destinée à la campagne e-commerce automne-hiver 20261 de la marque.
Le Mannequin percevra un cachet de 1 100 € brut2 pour la journée de prestation. En contrepartie de la cession visée à l’article 3, une rémunération distincte de 400 € au titre des droits à l’image3 sera versée. Tout dépassement au-delà de 18 h sera facturé selon usage4.
Le Mannequin cède à la Société le droit de reproduire et représenter son image sur les sites internet et réseaux sociaux de la marque5, pour le territoire de l’Union européenne6, pour une durée de douze (12) mois7 à compter de la première publication, et supports associés8. Toute extension fera l’objet d’un avenant et d’une rémunération complémentaire.
Le Mannequin s’engage à ne pas prêter son image à une marque concurrente du secteur prêt-à-porter féminin9 sur le territoire visé, pour la durée de l’exploitation10. Cette exclusivité est rémunérée dans le cadre de l’article 2.
Les frais de transport et de restauration sur le lieu de la prestation sont pris en charge par la Société. Les frais divers11 engagés par l’Agence pour le compte du Mannequin lui seront refacturés jusqu’à nouvel ordre12.
Le paiement interviendra à quatre-vingt-dix (90) jours fin de mois13 à compter de la réception de la facture de l’Agence, par virement.
Deux contrats, deux rythmes.
L’un encadre des années, l’autre une journée. Les mêmes mots n’y ont pas le même poids.
Signé une fois
Le contrat d’agence
Il encadre la relation pour un à trois ans. Il dit combien l’agence prend, sur quoi, où tu peux travailler sans elle, ce qu’elle peut te refacturer, et comment on se sépare.
Signé à chaque job
Le contrat — ou le mail — de booking
Souvent un simple mail de ton booker. Il fixe la date, le cachet, l’usage des images, l’heure de convocation. Il vaut contrat : garde-le, et lis les trois mots de l’usage.
Huit formules à faire préciser.
Aucune n’est illégale. Chacune déplace un risque ou un coût vers toi sans le dire. La réponse est toujours la même : un chiffre, une liste, une date.
| La formule | Ce qu’elle peut coûter | Ce qu’il faut demander |
|---|---|---|
| « Tous supports » | Affichage, TV, print, réseaux : une campagne web devient une campagne monde pour le prix d’une journée. | La liste des supports, et un prix par support ajouté. |
| « Sans limite de durée » / « perpétuel » | Ta photo dans un catalogue dix ans plus tard, sans un euro. | Une durée (6, 12, 24 mois) et un prix de renouvellement. |
| « Et supports associés » | Tout ce que la marque décidera d’appeler « associé ». | Supprimer, ou lister. |
| « Frais divers » | Une ligne ouverte sur chaque relevé d’agence. | La liste des frais et un plafond annuel. |
| « Selon usage » | Rien n’est dû tant que personne n’a écrit un chiffre. | Un tarif écrit : heure supplémentaire, dimanche, nuit. |
| « Jusqu’à nouvel ordre » | Une clause sans fin. | Une date ou une durée. |
| « Concurrent » sans liste | Une exclusivité qui bloque la moitié d’un marché. | Une catégorie étroite ou une liste de marques. |
| « 90 jours fin de mois » | Jusqu’à 120 jours réels avant le virement. | Date à date, ou un acompte à la signature en direct. |
Le buyout : la ligne la moins lue.
Le cachet paie la journée ; le buyout paie l’usage. Support × territoire × durée : trois mots qui décident du prix, et qu’on te demande souvent d’« inclure ».
Les multiplicateurs varient selon le marché, la notoriété et le client. Ils servent à une chose : refuser qu’un usage monde perpétuel soit « inclus » dans un cachet de journée.
Ce qu’Odette lit
Le contrat, en mots — jamais en pourcentage.
Chaque clause s’ouvre sur la phrase exacte du PDF. L’usage se pose sur ta chronologie de droits, l’exclusivité est vérifiée contre chaque nouveau casting, la question à ton agence est rédigée. La décision reste la tienne.
Tester le lecteur avec ton contrat →« Tous supports, monde, sans limite de durée » pour un cachet de journée n’est pas une clause, c’est un signal.
Odette, en lisant le PDFQuestions fréquentes
Un mail de booking vaut-il contrat ?
Souvent, oui : il fixe la date, le tarif et l’usage, et les deux parties l’acceptent en y répondant. Garde-le. Si un contrat écrit suit, c’est lui qui prime — relis l’article sur l’usage, il change parfois entre le mail et le PDF.
Puis-je négocier via mon agence ?
C’est son rôle. Mais l’agence négocie mieux quand tu sais quoi demander : un buyout chiffré à part, une durée, un territoire, une liste de frais. Ce guide te donne le vocabulaire ; ton booker fait le reste.
Et si j’ai déjà signé une clause floue ?
Un avenant peut la préciser, et la plupart des clients l’acceptent quand la demande est calme et précise. Pour un usage qui dépasse ce qui était prévu, l’extension se paie : écris avant, pas après.
Odette donne-t-elle un avis juridique ?
Non. Elle lit, résume, compare à tes autres contrats et rédige la question à poser. Pour une clause qui engage plusieurs années ou plusieurs milliers d’euros, un avocat spécialisé se paie en une heure.
À lire ensuite
Là où les clauses atterrissent : les agences, les droits, le paiement.